Tu es assez.
C’est la phrase que j’aurais eu besoin d’entendre plus jeune.
Peut-être même pas, parce qu’au fond, même si quelqu’un me l’avait dit, je ne l’aurais probablement pas cru.
Parce que ce ne sont pas les mots des autres qui construisent notre réalité.
Ce sont les nôtres.
Tu as remarqué comme on est parfois plus sensible à un jugement négatif ?
Comme on l’attend presque.
Comme s’il était normal. Mérité.
Et comme on peut balayer dans le même temps un compliment en se disant que l’autre cherche juste à être gentil.
Qu’il n’est pas tout à fait sincère.
Que sa vérité n’est pas universelle.
Qu’il ne nous connaît pas vraiment.
C’est troublant, non ?
On retient ce qui confirme ce qu’on pense de soi. On rejette ce qui le contredit.
Si les jugements des autres nous touchent, c’est parce que quelque part, nous sommes d’accord avec eux.
Ni plus, ni moins.
Ce n’est pas leur regard qui nous blesse.
C’est le nôtre.
Quand l’estime de soi est fragile, on cherche sans arrêt à prouver.
On cherche sa valeur à l’extérieur de soi, dans le regard des autres, dans le résultat de ses actions, dans les signes de reconnaissance qu’on accumule comme autant de preuves qu’on existe vraiment.
C’est l’Armure de Titane.
Elle ressemble à de la force. À de la détermination.
Mais en dessous, il y a quelqu’un qui doute.
Quelqu’un qui se dit que sans les preuves, sans la reconnaissance, il ne serait peut-être pas grand-chose.
Alors on continue à prouver.
On essaie de combler un puits sans fond.
Qu’on creuse soi-même, chaque jour.
En coaching, je vois ça chez des gens brillants.
Le tribunal est intérieur.
Et tant que ce jugement-là reste en place, aucune preuve extérieure ne suffira.
Toujours quelque chose à atteindre encore.
Récemment, mon fils m’a dit « je suis nul ».
Ça m’a surpris et même fait un peu mal parce que j’espère avoir tout fait pour l’aider à s’aimer.
Je lui ai répondu : « Je suis triste que tu penses ça de toi. Moi, je ne le pense pas. »
Et à part lui dire pourquoi je ne le pense pas, lui rappeler qu’il a le droit de se tromper, lui dire ce que cette pensée produit en lui, il n’y a rien que je puisse faire de plus si lui choisit de continuer à penser qu’il est nul.
Personne ne peut faire ce travail à notre place.
Ni nos parents, ni nos amis. Ni même un coach.
La prochaine fois que tu DOIS faire quelque chose, pose-toi cette question :
« Est-ce que j’agis parce que j’en ai envie, ou parce que j’ai besoin de prouver quelque chose ? »
Cette question ne juge rien. Elle indique le sens de ta motivation.
Parce que ce qui est construit sur la peur de ne pas être suffisant peut être reconstruit encore plus solidement sur de la confiance.
Ça commence quand tu décides que tu en as assez.
Tu es assez.























