J’ai envie de faire une retraite silencieuse depuis des années.
Je ne souffre pas vraiment du bruit.
Déjà parce que la plupart du temps, je suis seul. Et quand ce n’est plus le cas, j’ai une bulle.
Parfois j’entends un « T’en penses quoi ? » qui me fait lever la tête.
Quand je réalise que c’est bien à moi que ça s’adresse, je me sens à la fois un peu confus d’avoir loupé le début, et un peu marri qu’on ne m’ait pas invité à participer à la conversation.
Mais ce n’est pas de ça dont je parle.
Je parle de l’autre bruit. Celui de l’intérieur.
Celui qui envahit tout et qu’on ne peut pas fuir.
Les ruminations, la scène de la veille qu’on rejoue, les conversations de demain qu’on prépare déjà l’anticipation du pire les projections négatives avec scénarios multiples les jugements les interprétations le pourquoi il a dit ça comme ça il avait un ton non qu’est-ce que j’ai loupé c’est quoi le sens caché qu’est-ce qu’on pense vraiment de moi ce regard quand même ça ne veut pas rien dire et ce mot pourquoi ce mot et moi qui hésite au lieu de mais après c’est trop tard.
Ces pensées ne font pas que tourner. Elles produisent quelque chose dans ton corps. Une oppression sur la poitrine. Un nœud dans le ventre. Une boule dans la gorge.
La peur. La peur de ne pas y arriver, de ne plus être aimé, de ne pas être à la hauteur, de décevoir, d’être jugé(e), de ne plus contrôler.
Ces pensées bruyantes mettent en doute ta valeur, ta légitimité, ta place, ton droit d’être là.
C’est l’excès d’une intelligence qui capte tout et ne lâche rien.
Une force, souvent. Mais qui a un coût.
Et face à ce bruit-là, ce qu’on fait le plus souvent, c’est chercher un bruit plus fort.
Les séries qu’on enchaîne jusqu’à 1h du matin. Le scroll sans fin. Le boulot en mode abrutissement. La musique dans les oreilles dès le réveil. Les sorties ou les conversations qu’on recherche même quand on est épuisé.
Pour couvrir.
Parce que le silence ?
Le vrai silence, sans écran, sans bruit de fond, sans rien ?
Il serait insupportable. Il laisserait le cerveau en roue libre.
Alors on anesthésie.
Sauf que ça revient. Toujours. Quand la nuit arrive, que la pièce se vide et que l’écran s’éteint.
Dans le silence, dans le vide, il ne reste plus qu’une seule chose : toi. À poil.
Et pour aller se rencontrer dans cette tenue, il faut avoir appris à se connaître et à s’apprécier un peu.
Nan, beaucoup.
En ce qui me concerne, la méditation, c’est compliqué. J’ai préféré redéfinir le silence.
Le silence, pour moi, c’est le moment où les pensées ne me gouvernent plus et ne m’affectent plus.
Quand je marche, je pense encore. Je réfléchis à un client, à un projet, à une idée qui tourne. J’ai plaisir à habiter cet endroit, à faire valser des idées dans ma tête, à créer, à résoudre. Mais c’est léger à l’intérieur. Parce qu’il y a de l’estime.
Et cette retraite silencieuse que je veux faire un jour, je sais maintenant pourquoi je la veux.
Pour explorer le silence encore un peu plus loin.
Ce que je ne sais pas encore, c’est à quel point j’ai changé.
Ou à quel point je me mens à moi-même.
Et le fait que je n’ai pas encore fait cette retraite est peut-être déjà un élément de réponse…
Est-ce que je lutte contre ce que j’entends dans ma tête, ou j’apprends à vivre avec ?
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