Mieux communiquer grâce à la CNV

Mieux-communiquer-avec-la-CNVLe processus de Communication NonViolente, inventé par Marshall B. Rosenberg, vise à se mettre en lien avec soi-même et avec les autres en prenant conscience et en exprimant ses sentiments et ses besoins.

Il permet de s’éloigner d’un mode de communication automatique où affleurent reproches et jugements, en bannissant le “tu” accusateur (“le tu, tue”) et en favorisant le “je”.

Il permet à chacun de reprendre la responsabilité de ses émotions et grâce à l’observation des faits, de limiter les distorsions du langage (voir à ce sujet l’article : Pourquoi on ne se comprend pas) qui empêchent une communication claire et épanouie.

Ce processus se déroule en 4 étapes.

Observation

Il s’agit d’observer et de décrire les faits auxquels on se rapporte.
L’important ici est de veiller à ne conserver que les faits et à les débarrasser des omissions, généralisations, ou distorsions qui les dénaturent, pour ne conserver que ce qui peut être visible et admis par tous.

Tu flemmardes -> Tu es assis sur le canapé alors que je range les courses seule

Tu n’as rien fait -> La vaisselle n’est pas faite

Tu es en colère après moi -> Tu cries

Ensuite, afin d’éviter ce fameux “tu” accusateur qui risque d’envenimer la conversation en lui donnant un ton de reproche, il peut être utile de reprendre à son compte la perception des évènements :

Tu flemmardes -> Quand je te vois assis sur le canapé alors que je range les courses seule… 

Tu n’as rien fait -> Quand je vois que la vaisselle n’est pas faite…

Tu es en colère après moi -> Quand je t’entends crier…

Sentiments

Il s’agit d’exprimer clairement ce que l’on ressent au moment des faits.

Vous pouvez consulter la liste des Sentiments et besoins humains pour augmenter votre palette de sentiments et apprendre à affiner la description de vos ressentis.

Ici encore, il est important de reprendre la responsabilité de vos émotions et de commencer par “je”.

… Je me sens en colère…

… Je me sens agacé(e), irrité(e)…

… Je me sens effrayé(e) et triste…

Attention :

Certains termes que l’on pourrait confondre avec des sentiments sont en réalité des évaluations masquées, c’est à dire qu’ils présupposent une action de l’autre et nous retirent notre responsabilité :

Je me sens humilié(e), insulté(e), méprisé(e), étouffé(e), jugé(e), culpabilisé(e), abandonné(e), trahi(e), etc.

Besoin

Il s’agit ici de relier les sentiments aux besoins, les sentiments procédant des besoins en ce qu’ils sont satisfaits (sentiments agréables) ou insatisfaits (sentiments désagréables). Le terme “parce que” est le liant qui permet d’assumer la responsabilité de ses sentiments et donc d’en décharger son interlocuteur, abolissant ainsi le reproche.

Les besoins psychologiques sont communs à tous les êtres humains, c’est la raison pour laquelle évoquer l’insatisfaction de ses propres besoins peut trouver une résonance chez l’autre.

… Parce que j’ai besoin de présence et de réconfort.

… Parce que j’ai besoin de soutien et de reconnaissance.

… Parce que j’ai besoin de calme et de sécurité.

Demande

La demande est ce que l’on demande à l’autre de faire pour nous rendre la vie plus belle.

Formuler une demande présuppose d’accepter la réponse quelle qu’elle soit. Une personne qui refuse d’accéder à une requête le fait peut-être pour remplir certains de ses propres besoins. Accepter d’entendre un “non”, c’est reconnaitre que l’autre puisse avoir des besoins différents des siens. Une demande qui ne supporte pas un “non” n’est pas une demande mais une exigence.

Une demande pour être la plus viable possible doit répondre à certains critère simples et doit être une question fermée, formulée en termes positifs, réalisable, et la plus précise possible.

Range ta chambre, s’il te plait ! -> Ce n’est pas une demande, même avec la formule de politesse, ça reste un ordre.

Peux-tu ranger ta chambre, s’il te plait ? -> D’accord, mais pour quand ? Si ce détail n’est pas précisé, il y a toutes les chances de voir naitre un conflit plus tard.

Peux-tu ranger ta chambre pour ce soir 19h, s’il te plait ? -> D’accord, mais ranger comment précisément ?

Peux-tu mettre au sale les vêtements qui trainent, faire ton lit, et ranger sur ton bureau les papiers qui sont par terre ?
Est-ce que tu penses que 19h ce soir serait une échéance raisonnable pour faire tout ça ?

Au delà d’une demande, c’est bien d’un dialogue dont il s’agit.

O.S.B.D.

Les 4 étapes de ce processus, aussi simples soient-elles en théorie peuvent prendre du temps à être appliquées dans la vie de tous les jours. Vous pouvez commencer par les vivre pour vous, dans votre intériorité.

Donnez-vous du temps et acceptez de ne pas forcément y arriver du premier coup. Essayez de prendre conscience, le plus souvent possible de vos sentiments et de vos besoins.

Donnez-vous de la gratitude pour les besoins satisfaits et accueillez la frustration des besoins non satisfaits.

Et sentez-vous libre de nous faire part de vos expériences via les commentaires !

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